• Réflexions sur la fin du monde

    J'ouvre avec cet article une section "philosophie", sans thème donc, pour se poser et réfléchir à un concept, une idée. Quoi de mieux que la fin du monde ?

    Il faut déjà poser les bases, qu'entend on par fin du monde :

    En tant que tel, la fin du monde ne peut que concerner la destruction totale de la planète. Le monde, c'est notre planète, cela inclut la Nature, la vie animale, aquatique, tout autant que l'humanité. Beaucoup de gens utilisent ainsi ce terme pour parler de "la fin de l'humanité", sauf que la fin de l'humanité ne constitue pas la fin du monde, la vie continuera sur Terre.  Regardez cet excellent documentaire, la vie animale, végétale continuera après notre fin. Même à Tchernobyl, la Nature a muté pour résister à la radioactivité, il y a ainsi des espèces n'existant nulle part ailleurs au monde.

    L'amalgame entre "monde" et "humanité" est caractéristique de l'importance que nous nous sommes donnés. Nous sommes là depuis officiellement 315 000 ans, ce qui est une goutte d'eau vis à vis de l'age de la Terre, nous avons consommé dans le dernier siècle 80% des ressources naturelles de la planète, et par cette supériorité technologique et mécanisée supposée (tout cela n'est rien face aux catastrophes naturelles, qui nous ramènent à notre impuissance), nous nous sentons comme l'apothéose de la création, le summum (de la connerie ?). Les dinosaures, du fait de leur force, de leur domination, devaient surement se sentir supérieurs, il n’empêche qu'une météorite les a ramené à la réalité, et ce sont les petits dinosaures qui ont su s'adapter aux nouvelles conditions climatiques, comme quoi la force, la supériorité, bof.

    L'idée de "fin de l'humanité" est bien sur pour beaucoup impensable, car ils ont une famille, des biens, ils aiment la vie, ils aiment cette planète, quand pour les autres, elle est espérée, ils n'ont rien, ils sont frustrés de la vie et la fin de cette humanité qu'ils jugent "merdique" leur apparait comme une revanche, n'ayant pas eu leur place dans la société, ils en espèrent la fin. La lutte entre les optimistes, ceux qui ont leur place dans la société, et les pessimistes car exclus du système dure depuis des millénaires, mais l'équilibre s'est inversé par le fait qu'un nombre de plus en plus restreint de gens a accès à ce qui fait l'appartenance à la société, c'est à dire avoir un travail bien rémunéré, sa maison, ses enfants. "Ceux qui ont leur place" n'ont aucune envie de voir ce "monde", cette société disparaitre, et c'est normal, et quand aux exclus, ils sont de plus en plus nombreux, nous sommes ainsi tombés dans une société "déprimante", qui n'offre plus de débouchés, plus de solutions. Les exclus n'ont pas peur de perdre, puisque pour avoir peur, il faut posséder, aussi le fossé s'est creusé entre les optimistes (il faut sauver leur boulot, leur mode de vie), qui ont voté Hollande et Macron, qui leur promettait des changements pour sauver cette société, et les pessimistes (on n'a rien, on s'en branle que cette société pourrie s'effondre), ces derniers prenant progressivement le pouvoir, par la morosité ambiante, l'idée qu'on ne peut rien faire, que de toute manière cela ira de plus en plus mal, bref du déclinisme.

    Face à cela, les religions sont en crise, normal "Dieu", quel que soit le nom que les religions lui donnent, n'est jamais intervenu pour empêcher les drames de l'histoire, comme la Shoah (aucun des rescapés des camps de concentration ne croit en "Dieu" depuis, étonnant non ?), cette "absence", cette "invisibilité" face aux évènements cataclysmiques qui s'enchainent au cours des siècles a provoqué une lente mais progressive montée de l'athéisme. Face à cela, les religions n'ont fait qu'une chose, surfer sur la "peur de perdre", sur ce déclinisme, pour annoncer un "grand changement", le renversement du mal, une forme de justice divine, qui viendra sauver les "justes", ceux dont la vie a été bafouée. Ils profitent que les textes dits apocalyptiques, comme le livre de Zacharie dans l'ancien testament, ou le livre des "révélations" de Jean soit suffisamment vague pour que chaque évènement puisse être interprété comme le "signe" ou "avertissement" écrit dans les textes. "Vous voyez, cette catastrophe naturelle était inscrite dans le texte, c'est le signe que l'humanité doit se repentir, avant l'apocalypse", disent ils. Dans une société de plus en plus "déprimée", du fait de l'exclusion de plus en plus de gens à la réussite sociale, il est normal que ce message porte. Quel message ?

    Qu'un "Dieu", un "ET", ou quoi que ce soit d'autre, en somme une chose "extérieure" à la Terre va venir faire ce que les gens ne sont pas foutus de faire, parce qu'ils n'ont plus de couilles, ils ont peur, ils n'ont plus de courage, aussi préfèrent ils attendre une action céleste plutôt que d'agir eux mêmes. Nous passons ainsi d'une prévision apocalyptique à l'autre, les gens qui y croient attendent ainsi le signe, le miracle, l'action céleste, et ils n'agissent plus. Le 1er janvier 2000, le 21 décembre 2012, le 23 septembre 2015 et la même date en 2017 ne constituent que les dernières dates ridicules de cette humanité tellement incapable de changer cette société qu'elle espère qu'un étranger céleste y parvienne, ou qu'il y aura un signe, un message, une annonce, bref de quoi redonner un peu d'espoir.

    Prenons les arguments des 2 camps :

    "On peut changer les choses, il y a encore de l'espoir". Cette phrase est caractéristique, comme je l'ai dit plus haut, des optimistes, c'est à dire ceux qui ont le plus à perdre : ils ont un mari/femme, des enfants, ils ont un travail, ils ont une maison, ils consomment, partent en vacances. Sauf que ces activités leurs prennent tout le temps : entre le lever 6h du matin, le retour à 18h, puis faut s'occuper des enfants, puis on regarde le JT et la série "les experts", puis ont fait notre rapport sexuel hebdo, et arrivé le week-end on part à sa maison secondaire à La Baule, ces gens n'ont pas le temps de changer les choses, ils sont pris dans leurs problèmes, comme les impôts qui tombent, trouver une école privée pour la petite, ou le nouveau collègue qui a les dents longues, et menace le poste qu'on a, etc.

    "La société est foutue, c'est mort". Dite par des gens au chômage, au RSA, qui n'ont pas accès au monde des optimistes, ils ne peuvent que faiblement consommer, aussi faut il avoir des activités limitées par le budget : télé, internet, téléchargement de films, séries, musiques pour avoir un semblant d'appartenance à la société de ceux qui ont le fric pour payer. Ces derniers ont le temps pour changer le monde, contrairement aux optimistes, mais ils usent de ce temps dans des activités débilitantes (comme passer des heures sur un jeu de téléphone portable qui ne changera rien à la misère de sa vie), au lieu d'avoir des occupations qui pourraient justement transformer le monde. Bah oui quoi, faut surtout pas tenter d'améliorer la situation, ça ne collerait pas avec une idée décliniste.

    Une chose unit néanmoins les 2 camps, c'est le manque de confiance, qui gagne du terrain. Face à la crise, les boulots se raréfient, les optimistes ont ainsi de plus en plus peur de perdre leur boulot, et face à l augmentation des impôts et taxes, ils ont de plus en plus de mal à consommer, partir en vacances, à garder leur maison secondaire, ils y croient de moins en moins. Quel que soit le président au monde, personne n'a jamais pu restaurer cette confiance perdue dans un système totalement crétin, qui dure pourtant depuis des millénaires. Alors bien sur, la situation des pauvres en occident est bien meilleure que celle des siècles précédents, y'avait pas le RSA ni les aides sociales, mais les peuples d'autrefois n'étaient pas tenus par des objets énergivores, telles que la télé, le téléphone portable, l'internet, la voiture, les biens de consommation modernes. Si on regarde, au final, cet RSA ou ces aides ne servent qu'à financer une consommation qui n'existait pas à l'époque.

    L'idée "c'était pire avant" des optimistes se borne ainsi à de grands mensonges, tels que celui du temps de travail, il est fréquent de lire qu'au moyen-age, les gens travaillaient beaucoup, sauf qu'en comptant tous les jours religieux, et les périodes chômées proches des fêtes religieuses, pour préparer et participer aux processions, aux fêtes (le lundi de pâques et de pentecôte ne correspondent ainsi à aucun évènement religieux, ce sont les survivances du jour de repos qui suivait la semaine de fêtes religieuses, une chaque jour), les français d'aujourd'hui, avec les 35h et les 5 semaines de congés payés, travaillent 1/3 de fois plus que les peuples de l'époque médiévale. Alors bien sur, les conditions de travail n'étaient pas les mêmes, sauf que le coté aliénant a changé de forme : être assis 8 heures par jour devant un ordinateur, pour les cadres moyens, n'est ce pas totalement aliénant ? Et concernant les ouvriers chinois, bossant 12h par jour en usine dans des conditions innommables pour 2 dollars, est ce mieux qu'avant ?

    La fin de l'humanité n'arrive que comme logique des actions humaines, nous détruisons tout, ou nous acceptons de manière hypocrite cette destruction, puisque nous sommes bien obligés de consommer, rien que pour boire et manger. Puisque l'humanité ne fait rien, ou très peu, c'est qu'elle a intégré l'idée de sa fin, le thème le plus souvent représenté dans les films hollywoodiens. Il suffit de voir que chaque année au mois d'aout, nous avons consommé toutes les ressources de la Terre produites en un an, et cette période "à crédit" augmente chaque année, désormais elle démarre le 2 aout. Que faisons nous pour stopper ça ? Par ex en arrêtant de manger de la viande, qui consomme 30% des céréales de la planète (elle ne serait pas plus utile pour les humains ?), en arrêtant de jeter (les USA jettent 20% de ce qu'ils produisent, comme les fruits et légumes "moches"), en cessant la spéculation (matières agricoles gardées dans des silos géants et seulement vendues quand les cours montent du fait de la rareté imaginaire, comme le café). Il est inadmissible qu'une société qui pourrait nourrir 12 milliards d’êtres humains, si la nourriture n'était pas gâchée, mieux répartie, si nous passions au végétarisme, il y ait encore 1 personne qui meure de faim toutes les 3 secondes en moyenne, cela va bien sur accentuer le déclinisme.

    Les plus pessimistes diront "sauver quoi ?", et si on regarde leur vie, on verra qu'ils n'ont pas d'enfant, ou qu'ils ont perdu leur enfant, ou qu'ils ont vécu tout un tas de malheurs ayant conditionné cette pensée, de même que la personne heureuse en couple et dans son boulot sera naturellement optimiste, et dans l'idée de sauver cette société. Personnellement, j'ai une femme et des enfants, j'ai un boulot, je ne veux naturellement pas qu'elles souffrent, aussi l'astrologie apporte un paradoxe : le ciel et les influences des étoiles et des planètes se fichent pas mal que j'aie une femme et des enfants, elles agiront quand même, quand les conjonctions célestes se feront. Nous n'avons plus, contrairement aux anciens, cette société qui acceptait que la Nature et le ciel n'ont pas à nous obéir et à se conformer à notre vie, c'est en réalité à nous de nous conformer aux cycles célestes et de la Nature, de changer ce qu'il faut pour survivre dans cette Nature qui mute, dans ce ciel qui promet d'autres évènements sinistres inévitables (les causes identiques produisant des effets équivalents). Mais cela, c'est un autre sujet.

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